Dans la profession d’avocat, le mot marketing suscite souvent des réticences. Il évoque parfois une posture trop commerciale, éloignée de l’éthique et de la dignité attendues.
Pourtant, dans un contexte où les clients comparent, où les prescripteurs hésitent, et où la visibilité locale est devenue un critère de choix, se limiter à « attendre que les dossiers arrivent » n’est plus suffisant.
Le marketing, bien compris, n’est pas une question de « se vendre ». C’est une manière d’exprimer clairement sa valeur, de montrer ce qui vous distingue, et de permettre aux bonnes personnes de vous trouver plus facilement. Aujourd’hui, alors que les justiciables s’informent en ligne, que les comparaisons sont immédiates et que les plateformes comme Google ou LinkedIn influencent les choix, cette démarche devient un levier incontournable.
Ce guide propose une approche sobre, professionnelle et actionnable :
définir son positionnement,
entretenir son réseau,
créer du contenu crédible,
utiliser LinkedIn avec justesse,
encourager les recommandations et les avis Google,
et mesurer ses actions pour progresser.
Chaque conseil est accompagné d’exemples concrets pour passer de la réflexion à l’action, sans perdre de vue l’essentiel : rester aligné avec vos valeurs et votre pratique.
Partie I – Clarifier votre positionnement professionnel
Avant d’envisager des actions de communication ou de visibilité, la première étape consiste à répondre à une question simple : qui êtes-vous pour vos clients ?
Beaucoup d’avocats présentent encore leur parcours de manière chronologique – formations, stages, expériences – alors que ce qui intéresse un justiciable, c’est de savoir rapidement :
Dans quel domaine vous intervenez.
Pour quel type de client vous êtes le plus pertinent.
Quelle valeur concrète vous apportez.
Pourquoi c’est important
Un positionnement clair attire les bons dossiers et évite les sollicitations qui ne correspondent pas à votre pratique. Il permet aussi à vos confrères de vous recommander plus facilement : un avocat dont le domaine est bien identifié est plus “recommandable” qu’un profil trop généraliste.
Exemple pratique – la bio orientée valeur
👉 Bio classique (centrée sur le parcours) :
“Avocat au barreau de Bordeaux, diplômé de l’université Paris II, j’exerce depuis 2014 dans différents domaines du droit civil et commercial.”
👉 Bio orientée valeur (centrée sur le client) :
“Avocat au barreau de Bordeaux, j’accompagne les familles dans les procédures de divorce et de garde d’enfants, avec une attention particulière portée à la médiation et à la recherche de solutions durables.”
La différence est nette : dans le second cas, le client comprend immédiatement en quoi vous pouvez l’aider, et sur quels sujets vous êtes légitime.
Check-list pour clarifier son positionnement
Définir vos domaines dominants (au-delà du diplôme, l’expérience réelle).
Identifier vos clients cibles (particuliers, entreprises, secteur spécifique).
Rédiger une phrase de différenciation d’une ou deux lignes, que l’on peut utiliser partout (site internet, LinkedIn, annuaires).
Vérifier la cohérence sur tous vos supports (site, bio LinkedIn, carte de visite, annuaire CNB).
Partie II – Développer son réseau et ses relais
Dans le métier d’avocat, le réseau reste la première source d’opportunités. La plupart des dossiers arrivent encore par bouche-à-oreille : anciens clients, confrères, partenaires (notaires, experts-comptables, associations, etc.).
Mais ce réseau doit être structuré et entretenu pour donner tout son potentiel.
1. Structurer son réseau relationnel
Le relationnel n’est pas une affaire de hasard : c’est une compétence qui se travaille.
Cartographiez vos contacts actuels : clients satisfaits, confrères susceptibles de vous recommander, partenaires professionnels.
Utilisez un outil simple : un tableau Excel, un Notion ou un petit CRM gratuit (ex. Hubspot Free) suffit pour noter :
qui vous a recommandé,
quand vous avez échangé pour la dernière fois,
quelle action de suivi est prévue.
👉 Exemple :
Colonne 1 : Nom
Colonne 2 : Rôle (client, confrère, prescripteur)
Colonne 3 : Dernier contact
Colonne 4 : Prochaine action (appel, déjeuner, partage d’article)
En quelques minutes par semaine, vous gardez la trace de vos relations et évitez que certains liens ne s’éteignent par oubli.
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Startboard est un CRM léger et très facile à prendre en main, accessible gratuitement en ligne. Vous pouvez y ajouter vos contacts, vos projets, vos listes de tâches et bien plus encore.
Découvrir Startboard2. Entretenir les liens avec régularité
Un réseau solide se nourrit de petites attentions régulières. Il ne s’agit pas de “vendre”, mais de rester présent à l’esprit.
Envoyer un article utile que vous avez lu.
Appeler sans raison commerciale, juste pour prendre des nouvelles.
Proposer un café ou un déjeuner sans objectif caché.
Mettre en relation deux personnes de votre réseau qui pourraient collaborer.
👉 Exemple concret :
Un confrère vous a recommandé un dossier l’an dernier → vous pouvez l’appeler pour le remercier à nouveau et lui envoyer un bref article sur un point de droit qu’il suit, en signe d’attention.
3. Adopter une stratégie de recommandation active
Beaucoup d’avocats hésitent à demander des recommandations à leurs clients satisfaits. Pourtant, formulée de façon naturelle et respectueuse, cette démarche est efficace et parfaitement conforme à la déontologie.
À la fin d’un dossier : “Si vous avez été satisfait de mon accompagnement, n’hésitez pas à en parler autour de vous, je serai toujours disponible pour un premier échange.”
Avec un prescripteur : “Pensez à moi si l’un de vos clients rencontre [problème X], je serai ravi de pouvoir échanger avec lui.”
Ces gestes simples rappellent que vous êtes ouvert à de nouvelles missions, sans agressivité ni démarche commerciale intrusive.
⚖️ En résumé : structurer son réseau, le nourrir avec sincérité, et oser demander des recommandations de façon naturelle permet de transformer le bouche-à-oreille en véritable stratégie relationnelle.
Partie III – Créer une présence digitale crédible
La présence digitale n’est pas une option : vos clients vous cherchent en ligne avant de vous appeler. Être visible sur les bons supports, avec un contenu clair et des avis authentiques, permet d’inspirer confiance et d’attirer les bons dossiers.
1. Produire du contenu pédagogique régulier
Le contenu est le socle de votre visibilité. Il ne s’agit pas de “publier pour publier”, mais de proposer des informations utiles et compréhensibles.
Formats simples et efficaces :
Articles courts de 600–800 mots : “Que faire en cas de licenciement pour faute grave ?”
FAQ sur le site : “Quelle est la durée d’un divorce par consentement mutuel ?”
Vidéos de 2 minutes expliquant une notion juridique (“La garde alternée en 3 points”).
Newsletter trimestrielle : actualités juridiques sélectionnées pour vos clients.
👉 Astuce pratique : préparez un calendrier éditorial trimestriel. Exemple :
Mois 1 : article + post LinkedIn
Mois 2 : vidéo courte + story Instagram
Mois 3 : newsletter + post Facebook
2. LinkedIn : le média professionnel incontournable
LinkedIn est devenu le réseau stratégique des avocats. C’est l’endroit où vos clients entreprises, confrères et prescripteurs vous voient et interagissent avec vous.
Bonnes pratiques :
Optimiser votre profil (photo pro, bannière claire, accroche centrée client).
Publier 1 à 2 fois par mois, pas besoin de plus, si c’est pertinent.
Interagir : commenter les posts de confrères ou de partenaires avec une valeur ajoutée.
Exemples de posts qui fonctionnent :
Étude de cas anonymisée : “Comment nous avons aidé un salarié à contester un licenciement.”
Actualité commentée : “La Cour de cassation vient de rappeler que…”
Pédagogie simple : “3 points à connaître avant de signer une rupture conventionnelle.”
Quand publier sur Instagram ? Les meilleurs moments selon Meditrust
Découvrez l’article de Meditrust qui explique comment identifier les meilleurs moments pour publier selon l’activité de votre audience — à l’aide des statistiques intégrées d’Instagram ou d’outils comme Metricool. Publiez au bon moment pour maximiser l’engagement et la visibilité de vos posts.
Lire l’article complet3. Instagram, Facebook et TikTok : humaniser et élargir la visibilité
Tous vos clients ne sont pas sur LinkedIn. Pour toucher un public plus large (particuliers notamment), les réseaux sociaux grand public sont utiles s’ils sont utilisés avec justesse.
Instagram & Facebook :
Format visuel (carrousels ou visuels simples) :
“5 étapes d’un divorce amiable” (carrousel)
Citation pédagogique (“Un salarié peut contester son licenciement sous X jours”).
Stories : coulisses sobres du cabinet, participation à une conférence, rappel d’horaires.
TikTok (ou Reels Instagram) :
Vidéos courtes, dynamiques, pédagogiques :
30–60 secondes expliquant un point de droit.
Exemple : “3 erreurs fréquentes lors d’un licenciement”.
Format question-réponse : “Un client demande : combien de temps dure une procédure de garde ?”.
⚠️ Point de vigilance : rester toujours professionnel, éviter tout ton trop léger qui pourrait nuire à l’image de sérieux.
4. Les avis Google : la clé du référencement local
Quand quelqu’un cherche “avocat divorce à proximité”, Google affiche en priorité les fiches avec avis.
Un cabinet avec 20 avis positifs récents a plus de chances d’être cliqué qu’un confrère sans avis.
Les avis influencent directement la position dans Google Maps (le fameux “pack local”).
Comment demander un avis de façon éthique :
À la fin d’un dossier : “Si vous avez été satisfait de mon accompagnement, un avis sur Google m’aiderait beaucoup à être trouvé par d’autres personnes dans la même situation.”
Envoyer un lien direct par SMS ou email pour simplifier la démarche.
Outils pratiques :
Une plateforme comme Meditrust permet d’automatiser les demandes d’avis, d’encourager les retours positifs sur Google et de gérer en interne les éventuels retours négatifs.
Besoin d’aide pour structurer votre visibilité en ligne ?
Notre équipe vous accompagne pour définir une stratégie claire et mettre en place les bons outils pour attirer les bons clients.
Remplir le formulaire⚖️ En résumé : votre crédibilité digitale se construit sur trois piliers :
du contenu pédagogique qui démontre votre expertise,
une présence régulière sur LinkedIn et, si adapté, sur Instagram/Facebook/TikTok,
et des avis Google authentiques pour renforcer la confiance et le référencement local.
Partie IV – Le marketing mesurable et éthique
Un marketing efficace ne repose pas uniquement sur l’intuition. Pour progresser, il est indispensable de mesurer ce qui fonctionne et d’ajuster en continu, tout en restant fidèle aux obligations déontologiques de la profession.
1. Mettre en place un site internet optimisé et conforme
Créer un site pour votre activité d’avocat est souvent le premier point de contact avec un client potentiel.
Pages clés à inclure : Compétences, Localités, Honoraires, Contact.
Référencement local : création et mise à jour régulière de la fiche Google Business Profile (horaires, adresse, avis).
Conformité déontologique (RIN) :
pas de promesse de résultat,
pas de slogans comparatifs (“le meilleur avocat”),
mention de spécialisation uniquement si elle est certifiée.
Conformité RGPD : mentions légales, politique de confidentialité, bandeau cookies.
👉 Exemple opérationnel : un cabinet de droit de la famille à Lyon peut créer une page “Divorce à Lyon” structurée autour des questions fréquentes, tout en ajoutant en bas de page une mention “Ces informations sont générales et ne constituent pas une consultation juridique personnalisée”.
✅ Checklist complète pour réussir votre site internet d’avocat
Avant de créer ou de refondre votre site, assurez-vous de respecter les bonnes pratiques techniques, SEO et déontologiques. Cette checklist vous guide étape par étape pour bâtir une présence en ligne efficace et conforme.
Découvrir la checklist site internet avocatConclusion - Les points à retenir
Le marketing d’un avocat n’est pas une démarche commerciale agressive.
C’est un outil de clarté : exprimer son positionnement et ce qui fait sa valeur.
C’est une affaire de relation : entretenir son réseau et encourager les recommandations.
C’est une question de crédibilité digitale : site internet, contenu pédagogique, LinkedIn, réseaux sociaux adaptés, avis Google.
C’est aussi une pratique mesurable et éthique : suivre ses résultats, rester conforme aux règles déontologiques, ajuster en continu.
👉 Le plus important est de commencer petit : mettre à jour sa bio LinkedIn, écrire un article pédagogique, demander un avis Google après un dossier réussi. Ce sont des gestes simples qui, mis bout à bout, transforment durablement la visibilité du cabinet.
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